RHÔNE

C’est la qualité de l’eau qui a fait de Lyon une grande ville brassicole. Si grande que dans les années 1830, on la considérait comme la capitale française de la bière, devant Strasbourg !

Cette histoire remonte au Moyen-Âge. Les premiers maîtres brasseurs utilisaient alors l’eau calcaire de Lyon pour faire une bière noire et épaisse, dont la renommée va vite dépasser les frontières régionales. On a peu de témoignages cependant sur les brasseurs de cette période, qui n’étaient pas réunis en corporation de métier. C’est vers 1750 que l’on commence à trouver des archives. Et, c’est un brasseur allemand, venu chercher fortune entre Rhône et Saône, qui va donner un nouvel élan à cette activité. Christophe Bechtel arrive avec les secrets de fabrication d’une bière familiale, très houblonnée. Le succès est rapide. D’abord installé à Cuire, il ouvre en 1772 une taverne à Saint-Paul (Lyon 5e ). Ce succès fait venir sa famille, ses proches. D’autres brasseurs qui lancent l’activité à Lyon. Bechtel ne verra pas l’essor de la bière lyonnaise : il est guillotiné en 1794 durant la Révolution. Sa fortune avait dit-on, fait des envieux.

Lyon tenait sa notoriété grâce à la Porter ou « bière noire de Lyon » et les brasseries lyonnaises rivalisaient par les dimensions et le luxe de leur décoration. Le Musée Guimet est une ancienne Brasserie.

Malheureusement la guerre 14/18 mit un terme à ces heures de gloire. Les brasseries furent transformées en hôpitaux. Les hommes étaient partis au combat, l’automobile, l’électricité, le cinéma modifièrent l’art de vivre lyonnais. De cet âge d’or ne subsiste à Lyon que la Brasserie Georges, crée en 1836, lieu toujours emblématique de la vie lyonnaise, même si la famille Rinck, présente sur 5 générations, n’en tient plus les rênes. Mais l’histoire est repartie de plus belle. « La Georges » coule à nouveau des pompes de la Brasserie, en Blonde, Pils, saison et Brune et depuis 1997 le « Ninkasi » s’est imposé à Gerland sur plus de 1000 m2 , alliant bière, restauration et concert, parfait trait d’union avec les grandes salles de débit de la fin du 19ème.

  • Brasserie Ninkasi

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    La brasserie Ninkasi est née d’une passion pour la bière mais aussi pour son brassage. Christophe Fargier se forme au début des années 1990 aux Etats-Unis et ouvre la brasserie Ninkasi à Lyon dans le quartier de Gerland en 1997. Son concept est unique en France: jouxter une fabrique de bières avec un bar-restaurant qui propose aussi des concerts. La fabrique de bière devenant trop petite, il s’installe à Tarare dans une ancienne teinturerie. En 2014, Lyon compte 7 bars-restaurants Ninkasi, qui perpétuent la riche tradition brassicole lyonnaise.
    Le choix du nom Ninkasi n’est pas innocent puisque la bière Ninkasi tire son nom des Sumériens (« Dame qui remplit la bouche » la déesse de la bière dans la mythologie sumérienne.),  la Ninkasi est tout simplement la plus ancienne recette de bière qui nous soit parvenue par des écrits d'origine Sumérienne. Cette brasserie locale singulière a depuis toujours eu la volonté de faire revivre la glorieuse tradition brassicole lyonnaise commencée au XVIIIe siècle.
    La brasserie Ninkasi a choisi de promouvoir les acteurs locaux de qualité. Elle cultive aussi le principe de diversité à travers ses produits. Outre la brasserie, une distillerie a été créée afin de produire du whisky, en raison des affinités que cette boisson a avec la bière. La distillerie produit aussi, depuis 2015, des vodkas aromatisées ainsi que d’autres alcools forts. Enfin, la brasserie propose aussi des sodas avec des recettes originales à base de houblon.
    Ces partis pris singuliers et authentiques ajoutés aux secrets de brassage de David Hubert font de la bière Ninkasi, une bière unique, régulièrement récompensée pour ses qualités gustatives inégalées.